Me faire sang d'encre

Me faire sang d'encre
"Et brûlé par l'amour du Beau
Je n'aurai pas l'honneur sublime
De donner mon nom l'abîme
Qui me servira de
tombeau"

Baudelaire

Un commencement qui sonne comme une fin.

Perdue dans le labyrinthe tortueux du verbe, appelée par le vertige vorace du vide blanc qui guette le semeur de mots, arriverai-je à trouver MA voie au milieu des lignes noires des AUTRES ?

Poser ma voix. Chercher le ton. Faire résonner la note. Déchirer la nuit blanche pour qu'émerge le chant du signe.

Je ne suis RIEN. Et le dire. Et par le DIRE,

ETRE

Ni de chair ni de sang

De sens

De chant et d'encre.

# Posté le jeudi 20 novembre 2008 14:19

Modifié le vendredi 21 novembre 2008 07:37

Lumière... soie

Bienheureux Désir

Ne
le dîtes à personne, sinon au sage,
C
ar la foule est prompte à railler :
Je
veux louer le Vivant
Qui aspire à la mort dans la flamme.

Dans la fraîcheur des nuits d'amour
tu reçus la vie, tu la donnas,
T
e saisit un sentiment étrange
Quand luit le flambeau silencieux.

Tu
ne restes plus enfermé
Dans l'ombre ténébreuse
Et un désir nouveau t'entraîne
Vers le plus haut hynée.

Nulle distance ne te rebute
Tu accours en volant, fasciné,
Et enfin, amant de la lumière,
Te voilà, ô papillon, consumé.

Et tant que tu n'as pas compris
C
e : Meurs et deviens !
T
u n'es qu'un te obscur
Sur la terre ténébreuse.

Goethe.





Ephémère : effet merveilleux de la lyre d'Orphée. Ô délire, je fais de l'or de mes doigts de fée effilés. Sur le fil de la soie que je tisse papillonnent des mots équilibristes épris du vertige de l'éternité.





De vent et de sable

Ô mes ANNEES

La vie s'écoule

Qui n'aura duré qu'une journée

# Posté le dimanche 23 novembre 2008 14:59

Modifié le dimanche 23 novembre 2008 15:21

Vague alarme

Vogue la vie
Vague à l'âme
Viennent les larmes

Nuits d'encre pour trous noirs
Vogue la vie
Sur la mer d'encre de Chine

A la dérive
Pensées, frissons virent de bord
Le sang d'encre dévore
Et les maux, les maux arrivent

Trous noirs gouffres aimés et amers

Ange sans ailes
S'attèle à la tâche

Aiguiser ses plumes
Tremper dans l'encrier
Et jeter l'encre
Sans crier

Tout s'écroule
Mais
L'encre s'écoule
En creux s'écoule
Son âme nue
Nue comme un vers

Le mot, le mot délivre

Quand les lettres se lient
Encre et plume s'allient
L'être se lit
Sur la feuille salie

Sous les taches d'encre
Les mots sont port d'attache
Où divagueurs peuvent s'ancrer




Jette l'encre sans crier, sans maudire... maudit sois-tu
Sans mot dire sans mot dire sans mot dire sans mot dire...
Que le mot dit soit tu



Ma page est mon arme blanche

Illustration de Jacques Gaucheron
Vague alarme
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# Posté le jeudi 27 novembre 2008 15:43

Modifié le vendredi 05 décembre 2008 12:14

Quand la musique ne tient qu'à six fils

Quand la musique ne tient qu'à six fils

« J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse. »

Arthur Rimbaud



Corps vivant

Cordes vibrantes


Accords majeurs


Délire mineur
Mains aventureuses


Doigts virevoltants


E
quilibre


Instable


Ame funambule attirée par le vide

Mais les fils dos te retiennent


Le son monte de l'abîme


Brille et s'éteint

J'étreins le corps vibrant


Je feme les yeux





Et mes mains
Mes mains qui jouent les danseuses de cordes


Il est en effet plus sage de jouer les danseuses de cordes, que les danseuses de corps..
Mais tant que les deux danses nous emmènent danser, pourquoi cesser?

..

# Posté le dimanche 07 décembre 2008 14:57

Modifié le dimanche 28 décembre 2008 11:27

Entre deux

« Mais que l'on crève de l'absence ou qu'on crève un abcès c'est le poison qui coule »
Noir Désir


« So close no matter how far » Metallica



Toute vie, tout être oscille, monte et descend, va et vient, tourne et vire, confronté à ses choix.
S'
imaginer n'avoir pas le choix, c'est choisir de ne pas choisir, dialectique du maître et de l'esclave chacun est tour à tour le bourreau de l'autre.
Il faut savoir trancher la question
L
'erreur serait de devenir son propre bourreau


"Je suis la plaie et le couteau
Je suis le soufflet et la joue
Je suis les membres et la roue
Et la victime et le bourreau"

Baudelaire


Race binaire
Comportement bipolaire

Manichéisme qui oblige à s'emmurer vivant

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Entre le Ciel et la Terre
En
tre le marteau et l'enclume
Entre le pour et le contre
E
ntre le vrai et le faux
Entr
e le nord et le sud
En
tre le Bien et le Mal
E
ntre l'audace et la crainte

Entr
e feu et glace
En
tre fièvre et frisson
Entre sagesse et folie
Entre force et faiblesse
En
tre silence et bruit
En
tre lumière et ombre

Entre les deux ton cœur balance
En
tre dans la danse âme seule qui souffre

Tu
as parcouru le soleil et la lune
T
u sais l'une et l'autre extmité
Tu as
touché le fond et les sommets
Tu
t'es penchée au bord des précipices
Tu
as leles yeux vers les gouffres du ciel
T
u as crié : « Où est mon équilibre ? »
Mais du sol au plafond
C'e
st ton écho qui te répond
« E
quilibre... libre... libre »

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Impossible issue ? L'être, pris dans ses contradictions comme dans les fils d'un piège, considère surtout la verticalité, comme s'il ne s'agissait que de monter ou de descendre : "tenir le haut du pavé", "ascension sociale", "monter en grade", et à l'inverse, "être au plus bas", "descendre dans l'estime de quelqu'un", "être au ras des paquerettes".
L'
homme n'est pas fait pour la verticalité, il tient seulement debout. Qui peut rester en l'air, en "haut" ? Trouver sa place n'est pas se grandir pour écraser les autres, ce n'est pas se sentir supérieur et vouloir être "au-dessus", c'est s'imposer, se poser, s'opposer, faire FACE pour faire obstacle.
Les barrières, pour être efficaces, ne sont jamais verticales.


Il faut donc cesser de croire que choisir c'est aller d'un extrême à l'autre. Faire un choix consiste à mesurer à peser, comme la balance. Or, jamais on ne pèse à la verticale. Seule la dimension horizontale permet un équilibre durable.
Tou
t est question de largeur : à quel degré faut-il ouvrir l'éventail ? Plus le panel est large, plus l'embarras du choix est grand. C'est ainsi que l'on sort du dilemme: plus question de choix entre deux extrêmes, seulement un choix. Un choix infini de possibilités. Reste seulement à faire le geste : ouvrir l'éventail, ouvrir les bras.

Etre
là sans être loin
Etre proche sans étouffer
Etre
l'un contre l'autre, tout contre.

La verticalité est un vertige
Question d'équilibre
Cho
isir entre deux bras plutôt qu'entre haut et bas

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Les soleils étendent chaque soir
De sa
ng et d'or leur agonie vermeille
Et m
erveille des merveilles
Ren
aissent tremblants au matin

Entr
e le but et la fin
T
out recommence
Infiniment semblables les jours et les nuits
Lumières noires ou ombres blanches
Am
e lente qui s'élance
To
i seule sais les infimes différences
Entre hier et aujourd'hui
E
ntre le passé qui te hante
Et l'avenir qui te sourit
En
tre le refus et l'envie

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Entre les deux ton cœur balance
Balance, balance
Horizontal comme les interludes d'une vieille pendule
Mais s'il balance
Tu es en vie


Je suis là mon petit soleil de mon coeur, je t'aime fort
Entre deux

# Posté le lundi 08 décembre 2008 13:48

Modifié le jeudi 11 décembre 2008 04:50